24 avril 2025
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La toux chronique chez les chiens est pénible pour l'animal comme pour son propriétaire, et peut être frustrante (à diagnostiquer) pour le vétérinaire. L'objectif d'une étude britannique publiée en début d'année était d'offrir des conseils pour le diagnostic différentiel de la toux chronique (durée ≥ 8 semaines), en particulier lorsque les moyens diagnostiques ou les finances des propriétaires sont limitées. Cette étude rétrospective a analysé 329 cas présentés entre 2012 et 2021 à un centre de référés britannique. Elle visait aussi à identifier les causes les plus courantes de cette toux, et à explorer les associations entre le signalement, les signes cliniques et les modalités de diagnostic.
La durée moyenne de la toux au moment de la première consultation était de 35,5 semaines (8,9 mois). Une toux non productive a été plus fréquemment rapportée (chez 85 % des chiens), par rapport à une toux productive. Les signes cliniques les plus fréquents étaient l'intolérance à l'exercice (22,5 %), suivie de la léthargie, de la dyspnée, de la tachypnée et des éternuements (tous autour de 8 à 9 %).
Le collapsus des voies respiratoires (dont celui de la trachée, des bronches et la bronchomalacie) était le diagnostic le plus fréquent, établi chez près d'un tiers des chiens inclus dans l'étude (30,7 %). Les petits chiens (spitz nain, Yorkshire terriers et chihuahuas en particulier) et les sujets présentant une toux paroxystique et non productive avaient un risque relatif de toux chronique plus élevé. La durée de la toux lors de la consultation était aussi plus longue (42,8 semaines) que la moyenne. La probabilité d'un collapsus des voies respiratoires était plus élevée lors d'une toux paroxystique (surrisque x 4,9) ou d'une intolérance à l'exercice (x 3,3, voir les détails dans l'illustration principale). À l'inverse, la présence d'une toux non productive était un facteur de protection. La bronchoscopie et le lavage bronchoalvéolaire ont été particulièrement utiles pour confirmer le diagnostic.
Au deuxième rang en fréquence se trouve la bronchite chronique, identifiée chez un quart des chiens (24,3 %). Cependant, aucun signalement ou signe clinique n'était statistiquement prédictif de ce trouble. Dans l'analyse univariée, un diagnostic de bronchite chronique a été associé à un poids corporel plus élevé et à l'absence de perte de poids ou d'hémoptysie. Cependant, dans l'analyse multivariée, aucun prédicteur n'était significatif pour la bronchite chronique. Elle se produisait souvent en parallèle d'autres troubles des voies respiratoires, et nécessitait des diagnostics d'exclusion, mettant en évidence la valeur du lavage bronchoalvéolaire et de la bronchoscopie, effectuées dans presque tous les cas.
Un diagnostic de néoplasie (18,8 % des chiens) a été établi si la cytologie ou l'histopathologie confirmaient un processus néoplasique (primaire ou métastatique), ou si l'imagerie seule montrait un ou plusieurs nodules intrathoraciques. La néoplasie était associée à un âge plus avancé, à un poids corporel plus élevé et à des signes systémiques tels que l'inappétence, la léthargie, l'hémoptysie et la perte de poids. En fait, pour chaque année de vie et pour chaque tranche de 10 kg de poids corporel, le risque de néoplasie affectant les voies respiratoires augmentait respectivement de 1,35 et de 1,6. Les épisodes de toux paroxystiques ont été négativement associés à une néoplasie. Ces chiens avaient tendance à être présentés plus tôt en consultation (durée de la toux plus courte, 25,9 semaines) et à être plus susceptibles de subir une imagerie avancée (tomodensitométrie, échographie) et une cytologie/histopathologie. Les indicateurs cliniques : une hémoptysie (surrisque x 8,6), l'inappétence (x 6,5), la léthargie (x 5,1) et la perte de poids (x 4,0).
Un diagnostic de maladie infectieuse a été obtenu chez les cas atteints d'une bronchopneumonie bactérienne, parasitaire, virale ou fongique, confirmée par culture ou PCR pour un agent infectieux spécifique. La survenue simultanée avec d'autres troubles respiratoires était fréquente : des associations significatives ont été trouvées avec le collapsus des voies respiratoires (15/102, 14,7%), la bronchite chronique (14/80, 17,5%) ou encore la maladie pulmonaire éosinophilique (4/38, 10,5%). La bronchopneumonie infectieuse (16,4 % des chiens) était plus fréquente chez les animaux plus jeunes présentant une toux productive (surrisque x 3,0) et un écoulement nasal (x 4,1). La culture et la PCR (en particulier pour Mycoplasma cynos et Bordetella sp.) ont été fortement utilisées dans le diagnostic.
La maladie pulmonaire éosinophile était le terme choisi pour décrire un ensemble de troubles, dont la bronchite éosinophile, le granulome éosinophile et la bronchopneumopathie éosinophile. Dans l'étude, 38 chiens souffraient d'une maladie pulmonaire éosinophilique (11,6 %). Les cas étaient plus fréquents chez les chiens plus jeunes, ce qui pourrait être dû à leur physiopathologie, expliquent les auteurs. « Une réponse d'hypersensibilité de type II est supposée être l'une des origines de maladie pulmonaire éosinophilique, et il est possible de supposer que l'exposition à un allergène est plus susceptible de se produire plus tôt dans la vie avec des signes cliniques conséquents ». Une maladie pulmonaire éosinophilique était également associée à des éternuements (surrisque x 3,2), probablement dus à une inflammation nasale subclinique. Bien que les données de la littérature suggèrent que les écoulements nasaux sont plus fréquents, cette étude a identifié les éternuements en tant que signe révélateur.
La paralysie laryngée (8,8 %) est survenue principalement chez les chiens plus âgés, plus lourds et était fortement associée aux régurgitations (x 48.5), en cohérence avec son inclusion dans le syndrome plus large de polyneuropathie gériatrique. Une rétroversion épiglottique (1,8 %), en revanche, était plus fréquente chez les chiens plus jeunes et plus petits, tels que les chihuahuas, avec la dysphagie (x 42,5) et la régurgitation (x 11,6) comme prédicteurs clés. Un corps étranger des voies respiratoires a été identifié pour 4,6 % des chiens et était associé à une toux productive. Sans surprise, cela a été principalement trouvé chez des chiens plus jeunes et plus grands. Les auteurs suggèrent que ces chiens sont souvent plus enjoués et vivent souvent à la campagne ou dans des maisons plus grandes, avec accès à un jardin, et une exposition plus élevée aux corps étrangers.
Reconnaître les prédispositions de la race et lier les caractéristiques de la toux aux causes probables peut faire gagner du temps, réduire les coûts et améliorer le pronostic.
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