3 avril 2026
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« Il s'agit de l'une des premières études à mettre en correspondance les estimations de longévité avec l'histoire évolutive des chiens, via la domestication et la sélection artificielle associée, qui prouve que la lignée ancestrale du chien est associée à la durée de vie de la race ». Autrement dit, si une race est proche de l'ancêtre commun des chiens, sa longévité s'en trouve préservée, même si ce n'est pas une règle absolue. C'est l'un des enseignements de l'analyse des données démographiques d'un peu plus d'un demi-million de chiens, réalisée par des scientifiques du Dog Trust (œuvre caritative britannique) et de la faculté vétérinaire de Liverpool (Grande-Bretagne).
Les auteurs expliquent que leur « projet de recherche implique 18 participants, dont des organisations de placement et de protection des animaux, des livres généalogiques, des compagnies d'assurance pour animaux de compagnie, des sociétés vétérinaires et des archives vétérinaires universitaires ». Fusionnées et triées pour éliminer les doublons, ces bases de données fournissent les éléments démographiques de 584 734 chiens, dont 284 734 décédés. Il “suffisait” ensuite d'analyser ces données, où 155 races canines sont représentées. Le chien le plus âgé de cette population avait 24 ans (plus de quart de la population était gériatrique, c'est-à-dire de 12 ans ou plus). En toute logique, la distribution des décès allait croissant avec l'âge, à l'exception des chiots (< 6 mois), qui sont plus nombreux à mourir que les juvéniles (entre 6 et 12 mois). Et plus de mâles décèdent que de femelles, sauf parmi les gériatriques (nombre équivalent dans les deux sexes).
La population étudiée comprend 4,3 fois plus de chiens de race pure que de croisés. Plus de la moitié de l'effectif était de petite taille (les auteurs ont distingué les sujet de taille petite, moyenne ou grande, en se référant aux définitions des livres généalogiques mais sans fournir de valeur chiffrée). Sur l'ensemble de la population étudiée, la longévité médiane est de 12,5 ans. Il y a toutefois une différence hautement significative entre les femelles (12,7 ans) et les mâles (12,4 ans, p<0,001) – le statut de castré/stérilisé n'a pas été intégré à l'analyse. Les auteurs calculent que la longévité des femelles est de 6 % supérieure à celle des mâles. Cela vaut pour les sujets de race pure comme pour les croisés. Les croisés ont également une durée de vie médiane (12,4 ans) inférieure à celle des sujets de race pure pris ensemble (12,7 ans, p=0,001). Le différentiel calculé est de 10 %. Ce résultat est à l'inverse des idées reçues – et de résultats antérieurs, en faveur d'une « vigueur de l'hybride » (ou hétérosis) laissant à penser que la longévité des sujets de race pure est moindre que celle des croisés. Toutefois, il est possible qu'un biais d'environnement intervienne (les propriétaires de chiens de race pure ont plus souvent une assurance et donc le chien a un niveau de médicalisation accru, etc.).
Seul un quart (25,8 %) des 155 races de l'effectif ont une espérance de vie médiane inférieure à celle des croisés (voir l'illustration principale). Pour un autre quart, il n'y a pas de différence, tandis que pour près de la moitié (47,1 %), elle est significativement plus élevée. Lorsqu'ils calculent le risque de décès précoce par rapport à un chien croisé, les auteurs obtiennent : le dogue des Canaries (risque x 3,0 et âge médian au décès de 7,7 ans), le berger du Caucase et le cane Corso (x 2,4 et âge médian au décès de 5,4 ans), devant le Mastiff (x 2,3 et âge médian au décès de 9 ans), le bouledogue français (x 2,2), le matin de Naples et le bouledogue (x 1,8), le Sant Bernard, le Saint Hubert et l'Affenpinscher (x 1,7). Le risque relatif de décès précoce du berger du Caucase est moindre que celui du dogue des Canaries, mais sa longévité médiane est significativement plus faible : c'est bien le plus mal loti à cet égard. À l'inverse, les races présentant la longévité la plus élevée sont le Lancashire Heeler (âge médian au décès de 15,4 ans), l'épagneul tibétain (15,2 ans) et le Shiba Inu (14,6 ans). Pour les races de grande taille, le nombre de décès s'accroît à partir de 11,9 ans et la médiane de survie est à 12,5 ans (contre 12,7 ans pour les races de plus petit format, prises ensemble).
Pour les auteurs, « ces estimations de survie ne sont pas seulement utiles aux vétérinaires et aux chercheurs, mais aussi aux propriétaires actuels et potentiels, qui cherchent à comprendre pleinement leurs responsabilités futures et la durée potentielle de la relation entre le chien et le propriétaire ». Ils préviennent que la cause de la mort n'a pas été intégrée à l'analyse : il peut aussi bien s'agir d'accident, de maladie, d'euthanasie… Enfin, pour évaluer l'effet de la domestication/sélection sur la longévité des différentes races, les auteurs ont calculé le coefficient lambda de Pagel : cet index est compris entre 0 (aucun effet de l'histoire évolutive) et 1 (le caractère examiné est étroitement lié à l'histoire évolutive de la race). Dans le cas présent, les auteurs obtiennent une valeur de 0,808 : « cela suggère que la durée de vie médiane a été fortement influencée par l'histoire évolutive des races de chiens ».
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