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16 février 2026
Dans les structures où tout le personnel a été formé à la réduction du stress des patients, les blessures sont 3,5 fois moins fréquentes

« Il est possible que des formations aux soins des animaux visant à réduire leur stress puissent rendre les lieux de travail vétérinaires plus sûrs », estiment des cliniciens et comportementalistes de plusieurs universités et structure vétérinaires d'Amérique du Nord, au terme d'une enquête en ligne. La prudence de ces auteurs dans leur affirmation est liée à la nature de leur étude, rétrospective, qui ne permet pas de conclure à un lien de causalité. Mais le niveau statistique de l'association observée, entre formation de tout le personnel d'une structure et fréquence des blessures du personnel par les patients, est significatif.
La structure professionnelle d'assurance des vétérinaires américains indiquait qu'en 2019, 72 % des blessures de praticiens étaient liées à des contacts avec les animaux. De plus, les statistiques nationales américaines sur le travail indiquent que, pour 2021, « le taux de maladies et d'accidents du travail non mortels par vétérinaire à temps plein était plus élevé que dans tous les autres secteurs et près de 5 fois supérieur à la moyenne nationale ». Ces accidents – outre le coût de leur prise en charge, ont un retentissement parfois physique et souvent émotionnel. En parallèle, des programmes de formation à la réduction du stress des patients en structure vétérinaire ont été développés, conduisant à une certification des structures, selon le label “Fear Free” (sans crainte) ou “cat friendly” (favorable aux chats). Il n'y a cependant « aucune information publiée explorant la relation entre les méthodes spécifiques de contention des patients et les lésions causées à l'humain ». C'est pour explorer cet aspect que les auteurs ont construit un questionnaire.
Le questionnaire en ligne était adressé à un ensemble de structures généralistes (non hospitalières ni académiques), et leur demandait si elles disposaient ou non de la certification Fear-free/cat friendly, celle-ci n'étant attribuée qu'une fois tout le personnel (praticiens, ASV et techniciens) formé. Si une partie, même minime, du personnel n'avait pas suivi la formation, les auteurs considéraient qu'il ne s'agissait pas d'une structure certifiée. Le questionnaire demandait aussi la fréquence des blessures causées par les chien/chats en soins, et les situations ainsi que le type de personnel le plus souvent impliqués. Les méthodes de contentions utilisées, et la procédure suivie en cas de blessure d'un membre du personnel étaient aussi à renseigner.
Ouvert fin 2023, le questionnaire a été clos en mai 2024. Au total, 123 cliniques y ont répondu, et 113 respectaient les critères d'inclusion (localisation en Amérique du nord et pas de structure spécialisée). Dans un quart des cas (24,3 %), la personne ayant rempli le questionnaire a eu recours aux données de la clinique pour répondre, en particulier sur la fréquence des blessures. Dans les autres cas, il s'agissait d'une estimation. Dix-neuf des structures (17 %) ont été considérées comme certifiées. Les blessures infligées par des animaux ont été signalées à une fréquence de :
Les chiens étaient plus souvent à l'origine des blessures du personnel pour 14 % des structures participant à l'enquête. Et quel que soit l'animal, les personnes estimées comme les plus exposées à ces blessures étaient d'abord les ASV (note de 3,6 sur une échelle allant de 1 – blessure hautement improbable – à 5 – blessure très probable). Suivent les techniciens (catégorie de personnel vétérinaire non reconnue en Europe) avec une note de 3,3, puis les vétérinaires avec une note de 2,7.
La situation la plus à risque de générer une blessure reste sans surprise la contention (note de 2,3 sur 5), devant l'examen clinique et la prise de sang (à 2,2 chacun). Toutefois, il y a une relation statistique significativement négative entre certification et taux de morsure (p=0,025). Ainsi, le personnel des structures « qui n'étaient pas entièrement certifiés dans un domaine quelconque de soins de réduction du stress avait 3,5 fois plus de risques (intervalle de confiance à 95 %, de 1,2 à 10,4) de subir des blessures au moins une fois par mois que ceux des structures certifiées ». La certification s'accompagne aussi d'une hausse significative du recours à des méthodes de contention douces (phéromones, aliment très appétent, serviettes…) et une réduction du recours aux lassos, filets et autres muselières. Les auteurs préviennent toutefois que dans l'analyse des réponses sur les modalités de contention, « aucune de ces techniques spécifiques n'était individuellement corrélée aux taux de blessures du personnel ».
Pour tenter d'expliquer ce résultat, les auteurs proposent que « un changement de culture puisse s'opérer parmi les employés lorsque l'ensemble du personnel est formé aux techniques de prise en charge réduisant le stress. Ils s'inspireraient mutuellement de la formation reçue pour manipuler les patients, et une pression des pairs, voire des sanctions formelles, peuvent exister lorsqu'un membre du personnel, frustré, impatient ou anxieux, recourt à des techniques de manipulation plus traditionnelles ». Il pourrait aussi s'agir d'une habituation progressive des patients à un environnement moins stressant. Pour disposer d'une étude démontrant de manière solide la relation de causalité entre certification d'une structure et moindre risque de blessure du personnel, il faudrait réaliser une étude prospective, démarrant avant que l'ensemble du personnel de structures ne soit formé, et recensant les pratiques et blessures ensuite. Les auteurs n'indiquent pas s'ils engageront un tel travail.
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