18 mars 2026
3 min
Bienvenue sur LeFil.vet
L'accès au site web nécessite d'être identifié.
Merci de saisir vos identifiants de connexion.
Indiquez votre email dans le champ ci-dessous.
Vous recevrez un email avec vos identifiants de connexion.

Les rongeurs représentent le principal réservoir de Leptospira interrogans. Et les chiens se contaminent généralement par exposition indirecte dans leur environnement, notamment via de l'eau contaminée. Qu'en est-il du risque d'infection par contact avec d'autres chiens malades ? Les résultats d'une étude australienne sont sans appel : le risque est réel, et mériterait même une antibioprophylaxie systématique. Selon les dernières recommandations de l'ACVIM (2023), un traitement prophylactique est effectivement à envisager pour les autres chiens susceptibles d'avoir été exposés, après évaluation des risques.
Cette étude a été motivée par l'émergence de la leptospirose canine dans la ville de Sydney en 2017, suivie d'une augmentation du nombre de cas. D'autres foyers sont recensés dans l'État de Nouvelles-Galles du Sud. Le sérovar dominant impliqué est Australis.
Les rapports de cas de transmission de chien à chien sont anecdotiques. Une série a été décrite chez des individus vivant en chenil, mais le risque en contexte domestique restait méconnu.
Pour évaluer cette transmission potentiellement directe, des scientifiques de l'école vétérinaire de Sydney ont donc menée une étude comparative de prévalence, entre des chiens exposés à un congénère infecté et d'autres sans historique connu d'une telle exposition.
Les chiens exposés partageaient la même habitation (maison ou ferme), ou le même environnement (voisins au jardin commun par exemple) que le chien malade. Ils étaient eux-mêmes cliniquement sains.
Chez les chiens exposés, des prélèvements de sang et/ou d'urine ont été réalisés, pour analyses PCR ou test MAT. Une antibiothérapie dans les 4 semaines précédentes était un critère d'exclusion.
La comparaison des titres sérologiques entre les groupes a été faite en excluant les chiens vaccinés du groupe exposés pour éviter toute interférence avec une réponse vaccinale (la vaccination n'est pas systématisée en Australie, et dirigée au moment de l'étude contre le sérovar Copenhageni uniquement). Elle a donc porté sur 14 chiens exposés versus 271 non-exposés : les 3 chiens positifs du groupe exposés étaient inclus, ce qui aboutit à une prévalence d'infection de 21,4 %.
L'analyse comparative confirme ainsi que le risque d'infection par Leptospira interrogans est significativement plus élevé chez les chiens en contact proche avec un congénère malade : le risque est 5 fois plus élevé que chez des chiens non exposés.
L'un des chiens positifs avait été en contact avec deux cas cliniques (d'une même propriété). Mais un troisième chien, sur place lui aussi, est resté négatif. Toutefois, la proportion de chiens positifs est probablement sous-estimée, dans les deux groupes de chiens, du fait des outils diagnostiques utilisés et leur manque de sensibilité. Démontrer une séroconversion, notamment, n'a pas été possible dans le cadre du schéma d'étude.
Les auteurs ont également évalué si l'âge des chiens, le sexe ou la stérilisation représentaient des facteurs supplémentaires de risque d'infection. Mais aucun de ces paramètres n'est associé au risque d'infection. Les 3 chiens exposés détectés infectés étaient 2 Jack Russel terriers et 1 berger allemand.
Un chien infecté est potentiellement excréteur et contaminant. Toutefois, l'étude ne démontre pas la contamination directe de chien à chien : la fréquentation d'un même environnement, contaminé, ou de mêmes sources d'infection (rongeurs, cours d'eau par exemple) peut expliquer en partie ce surrisque.
Mais quelle que le mode de transmission, les auteurs soulignent que leurs résultats confortent l'intérêt d'une prophylaxie antibiotique chez les chiens exposés à un cas d'infection, en pratique les autres chiens de la famille ou de l'entourage/du voisinage selon la situation. L'objectif est de prévenir une infection clinique et de réduire l'excrétion bactérienne urinaire.
Les recommandations de l'ACVIM proposent la prescription de doxycycline, à la dose de 5 mg/kg toutes les 12 heures par voie orale pendant 14 jours. Le traitement est idéalement associé à un suivi sérologique.
La vaccination, très fréquente en France, ne permet pas de réduire la contamination, mais les conséquences cliniques de l'infection. L'intérêt d'un tel traitement préventif reste alors à confirmer.
Et évidemment, la question se pose du risque pour les propriétaires du chien infecté. Mais cette étude n'a pas la prétention d'y répondre. Et selon les connaissances actuelles, il resterait heureusement limité.
18 mars 2026
3 min
17 mars 2026
5 min
16 mars 2026
5 min
13 mars 2026
2 min
12 mars 2026
4 min