13 août 2026
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D'anciennes études évaluaient à un tiers environ la proportion de chiens diabétiques euthanasiés à l'annonce du diagnostic de la maladie. L'évolution des moyens thérapeutiques a fait chuter ce taux, descendu à environ 1 cas sur 10 selon des études plus récentes menées aux États-Unis et en Europe. Et une nouvelle étude australienne vient corroborer ce chiffre.
Toutefois, les euthanasies à moyen terme demeurent très fréquentes. Les auteurs de ces travaux se sont attachés à en préciser les motifs.
Cette étude épidémiologique a été menée dans le cadre du programme VetCompass décliné en Australie d'après le modèle britannique. Elle repose ainsi sur l'analyse rétrospective d'une cohorte de chiens diabétiques, à partir des dossiers médicaux transmis par les 172 cliniques généralistes participantes.
Sur une large période (2008-2017), un diagnostic de diabète sucré avait été posé chez 2078 chiens, dont le devenir les mois suivants a été étudié ; un suivi d'au moins 7 jours devait être renseigné (les chiens perdus de vue durant l'intervalle étaient exclus).
Seuls 71 % des chiens ont bénéficié d'une insulinothérapie ; dans 29 % des cas, le diabète n'a pas été spécifiquement traité.
À l'issue de la période d'étude, 23 % des chiens étaient encore en vie (n=472). Les autres avaient été euthanasiés (n=1497 soit 72 %) ou étaient décédés sans assistance (n=109 soit 5 %).
Les cas par euthanasie ont alors été distingués selon qu'ils étaient ou non liés à la maladie. Seuls ceux liés au diabète ont été considérés, soit un groupe de 1353 chiens.
Le délai entre le diagnostic de la maladie et l'euthanasie montre que cette décision est le plus souvent précoce (voir figure en illustration principale) :
Ces proportions à 6 et 12 mois sont ainsi très élevées, davantage qu'estimé dans d'autres études. Le protocole suivi ici permet probablement de considérer ces chiffres comme particulièrement robustes.
La raison motivant le choix d'euthanasie était précisée pour 826 chiens. Il s'agissait principalement de la crainte d'une mauvaise qualité de vie de l'animal (pour 239/1353 chiens soit 18 %), de l'incapacité ou la réticence du propriétaire à réaliser des injections (17 % des chiens), et du coût de traitement (9 %).
Des motifs plus médicaux, comme une acidocétose diabétique ou une cataracte secondaire au diabète, ou des difficultés à stabiliser la glycémie, sont des motifs moins souvent évoqués.
Les auteurs ont aussi recherché les paramètres significativement associés à la décision d'euthanasie.
L'âge du chien était déjà identifié comme un facteur de risque d'euthanasie dans le contexte du diabète sucré, probablement en lien avec la plus courte espérance de vie de l'animal, qui peut démotiver le propriétaire à conduire le traitement, mais aussi l'existence de comorbidités et une qualité de vie déjà dégradée. La prédisposition raciale pourrait refléter un défaut d'information du propriétaire sur ce risque. Quant au statut sexuel, outre les plus grandes difficultés à équilibrer le diabète chez un animal non stérilisé (les femelles en particulier), celui-ci peut aussi être globalement moins médicalisé, appartenant à des propriétaires moins enclins à mettre en place des soins médicaux. Et l'effet « protecteur » observé après 12 mois pourrait aussi refléter les effets d'une stérilisation finalement effectuée.
Ainsi, les motifs d'une euthanasie sont liés à l'animal et à son propriétaire. Et même s'il s'agit d'un processus grandement multifactoriel, le vétérinaire peut intervenir dans la décision, grâce à son expertise de la maladie et des moyens thérapeutiques, mais aussi à son accompagnement dans la prise en charge – comme pour nombre de maladies chroniques –, qui inquiète et épuise le propriétaire.
La proportion de chiens euthanasiés monte fortement durant les 6 premiers mois qui suivent le diagnostic. Les efforts pour stabiliser le diabète et le soutien des propriétaires apparaissent donc cruciaux durant cette période.
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