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17 février 2026
Sensibilité aux virus influenza A du sous-type H3 : des différences entre chiens et chats

À la suite de variations génétiques, les virus influenza de type A ont évolué. Ils infectent de nombreux hôtes et les cas de transmission des virus de sous-type H3 aux chiens et aux chats se multiplient.
Qu'il s'agisse des lignées aviaire, canine, féline, humaine, porcine ou équine, les virus de sous-type H3 présentent une pathogénicité généralement faible, mais des réassortiments peuvent la faire évoluer à la hausse, notamment lors du franchissement de la barrière d'espèce. Les virus influenza de type A représentent donc une menace pour la santé humaine et animale.
La plupart de cas de transmission de virus influenza aux chiens et aux chats n'ont pas entraîné d'épisode clinique à grande échelle, mais ils démontrent la sensibilité des animaux de compagnie à diverses souches virales. Le rôle potentiel de ces espèces en tant qu'hôtes intermédiaires dans la transmission de ces virus fait donc l'objet de recherches.
Pour évaluer la sensibilité des chiens et des chats aux principaux virus d'origine aviaire (AIV) ou porcine (SIV) en circulation, une équipe chinoise du Centre de recherche scientifique de Guangdong Yunfu a inoculé des souches virales du sous-type H3 à 20 beagles et 20 chats âgés de 9 à 12 semaines, tous initialement séronégatifs pour ces virus.
Au sein de chaque espèce, les animaux ont été répartis aléatoirement en 5 groupes de 4, hébergés dans des cages séparées et inoculés par voie intranasale avec une dose de 1 ml contenant 106 Egg Infectious Dose (EID)50 de particules virales. Les virus avaient été cultivés dans des œufs embryonnés de poules specific pathogen free (SPF), exempts d'agents pathogènes spécifiques.
Les signes cliniques et la température rectale des animaux ont été surveillés quotidiennement pendant 14 jours après l'inoculation. Des prélèvements nasaux ont été effectués quotidiennement aussi, et la mesure des taux d'anticorps dans le sang a été réalisée à J0, J3, J5, J7, J14 et J21, grâce à un test d'inhibition de l'hémagglutination.
Un animal de chaque groupe a été euthanasié au 4e jour après l'infection, afin d'évaluer la réplication virale dans différents tissus.
Les résultats montrent des différences notables entre les réponses des chiens et des chats, et selon les virus.
Chez les chiens, dans le groupe témoin positif, le CIV H3N2 a été détecté dans les prélèvements nasaux, avec un titre maximal 4 jours après inoculation. Dans ce groupe, la réplication virale a été observée dans les poumons, les cornets nasaux et la trachée. Aucune excrétion ni aucun signe de réplication virale n'ont été notés en revanche chez les chiens inoculés avec les autres souches de virus. De même, seuls les chiens inoculés avec le CIV H3N2 ont présenté des lésions respiratoires : il s'agissait d'une hyperplasie interstitielle pulmonaire, avec présence de de cellules inflammatoires.
Malgré la séroconversion post-inoculation, les chiens n'étaient donc pas cliniquement sensibles aux virus influenza aviaires et porcin testés.
Contrairement aux chiens, les chats se sont révélés sensibles à l'infection par le CIV H3N2 mais également aux autres virus de l'expérimentation. Dans tous les groupes de chats inoculés, des antigènes viraux ont été détectés dans les poumons et la trachée. Les virus se sont répliqués dans les voies respiratoires, et une excrétion virale nasale continue a été observée, pendant environ une semaine après l'inoculation.
L'examen histologique a mis en évidence des lésions chez tous les chats inoculés alors que, comme rapporté, les chats inoculés avec des virus autres que le CIV H3N2 ne présentaient pas de signes cliniques apparents.
Ces résultats mettent en évidence que les chats sont plus sensibles que les chiens aux virus influenza de sous-type H3. Comme ces virus sont généralement peu pathogènes, les animaux infectés peuvent cependant rester asymptomatiques, ou présenter des signes cliniques bénins, ce qui facilite la transmission silencieuse et l'évolution de ces virus.
La forte réceptivité des chats à ce type de virus contraste toutefois avec les observations selon lesquelles une circulation régulière de virus influenza a été établie dans des populations canines (avec les souches H3N8 d'origine équine et H3N2 d'origine aviaire), mais pas chez les chats. Ce paradoxe apparent pourrait en partie s'expliquer par le mode de vie des chats. En effet, la transmission efficace du virus entre chats dépend d'un contact étroit entre individus, une condition qui n'est généralement remplie que dans les environnements à forte densité de population, tels que les refuges. Historiquement, des épizooties de « grippe féline » (dues à des virus H7N2 et H3N2) n'ont d'ailleurs été observées que dans ces conditions.
En pratique, la forte sensibilité des chats aux virus grippaux souligne la nécessité d'une surveillance épidémiologique attentive, notamment dans les collectivités félines, pour éviter que l'espèce féline ne devienne le prochain « réservoir » des influenza virus.
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