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Proplan

15 avril 2026

Histiocytome cutané chez le chien : la localisation varie selon l'âge, la race et le sexe

par Agnès Faessel

Temps de lecture  3 min

D'après De Moura et al., Vet. Dermatology, 2026.
D'après De Moura et al., Vet. Dermatology, 2026.
 

Bénin et relativement courant chez le chien, l'histiocytome cutané se manifeste généralement sous la forme d'un nodule intradermique isolé, de croissance rapide mais qui régresse spontanément en 2 à 3 mois sous l'effet de l'inflammation générée.

Sa localisation est variable et les résultats d'une étude portugaise, publiée en libre accès dans Veterinary Dermatology, révèlent un lien avec plusieurs paramètres démographiques.

359 cas en 2 ans

Sur une période de 2 ans (janvier 2020-janvier 2022), 359 cas ont été diagnostiqués par histologie dans un laboratoire d'analyse situé à Lisbonne. Cette méthode constitue un biais dans la mesure où les lésions régressant spontanément, les biopsies ne sont pas systématisées.

Les cas ont été ventilés par districts, ceux de Lisbonne et Setúbal en concentrant 61 %. En rapprochant ce nombre de la population canine recensée dans ces districts, les auteurs ont estimé le taux d'incidence de l'histiocytome cutané à 0,04 %.

Il est plus élevé chez les mâles que chez les femelles : 0,044 versus 0,035 %. Dans l'échantillon étudié, 58,5 % des cas étaient des mâles et 41,5 % des femelles. Les lésions sont aussi plus petites chez les chiennes (1,3 cm de diamètre en moyenne contre 1,8 chez les chiens mâles).

Une maladie du jeune chien

L'histiocytome cutané canin peut apparaître à tout âge, mais sa prévalence est réputée régresser drastiquement après 3 ans. Et en effet, si les chiens de l'étude étaient âgés de 2 mois à 13 ans, la moyenne est basse (3,7 ans) et près de la moitié avaient moins de 2 ans (48,8 % ; voir figure en illustration principale).

Le sex ratio n'est pas significativement différent selon l'âge des chiens.

Deux races prédisposées

Par comparaison aux chiens croisés (26 % des cas), deux races sont significativement prédisposées : le boxer (avec un taux d'incidence de 0,24 %) et encore davantage le bouledogue français (0,34 %). Dans les deux races, la prédisposition est plus marquée chez les mâles.

Les analyses révèlent par ailleurs que les beagles et les bouledogues français sont atteints plus jeunes, tandis que les labradors, yorkshire terriers et cockers anglais le sont plus tardivement.

Le site lésionnel dépend des paramètres démographiques

Pour étudier les liens avec la localisation anatomique, 9 sites ont été distingués :

  • la tête sans précision (72 cas),
  • une oreille (n=32),
  • une paupière (n=8),
  • le pourtour des lèvres (n=16),
  • un membre (n=89), touchant plus fréquemment les mâles,
  • un doigt (n=10),
  • la zone périnéale (pas de cas ici),
  • la zone périanale (n=4),
  • et le tronc (n=10).

Lorsque la localisation n'était pas indiquée (n=118), le cas était exclu de cette partie des analyses.

Celles-ci montrent que les atteintes au niveau des lèvres tendent à être plus tardives (à 5,1 ans en moyenne), mais la différence n'est pas significative.

Trois tranches d'âge ont été utilisées par ailleurs : ≤ 1,5 ans, 1,5-3,5 ans et > 3,5 ans. Et les analyses montrent que les atteintes des paupières n'étaient observées qu'entre 1,5 et 3,5 ans, celles des doigts uniquement après 3,5 ans. Aucune atteinte périlabiale n'a été observée avant 1,5 ans, et aucune sur le tronc entre 1,5 et 3,5 ans.

En matière de races, les tumeurs affectent préférentiellement les membres chez le Jack Russell terrier ; elles se concentrent sur la tête et les oreilles chez le cocker anglais, le yorkshire terrier et le beagle ; la distribution est plus aléatoire chez le boxer, les croisés, le bouledogue français et le labrador.