11 février 2026
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Il s'agit du premier cas de rage humaine détecté en France en 2025. Il n'avait pas reçu de traitement médiatique à l'époque, mais a été publié sous forme d'article scientifique en décembre dernier. Un second cas de rage humaine, lui aussi fatal, survenu à Avignon fin septembre avait, lui, été médiatisé.
Le patient, un « jeune adulte », s'est présenté début janvier 2025 aux urgences de l'hôpital d'Avignon « avec une sensation de mort imminente associé à une agitation psychomotrice, de l'agressivité, une hypersalivation, des douleurs diffuses, une anorexie totale pendant une semaine et une aversion pour tout contact avec l'eau » et une tachycardie rebelle aux tentatives de la maîtriser. Ce tableau clinique initial « mimant des troubles psychiatriques et suggérant une myocardite », la rage n'a pas été suspectée immédiatement.
Il a subi plusieurs examens cardiaques, puis encéphaliques et a développé par la suite « une fièvre à 39,7 °C, une transpiration abondante, une confusion croissante, des spasmes des muscles extenseurs du cou, des spasmes glottiques et une hydrophobie ». Les médecins ont alors « ré-interrogé sa famille », qui a indiqué qu'il « avait été mordu par un chien, ce qui lui avait causé une plaie ouverte à la jambe, lors d'une visite à sa famille à Taza, au Maroc, six mois auparavant. Le patient avait reçu une dose de vaccin antirabique dans un hôpital local, mais le protocole de vaccination avait été interrompu à son retour en France ». Le chien avait été retrouvé mort deux jours après la morsure.
Une RT-PCR a détecté le génome viral dans la salive et dans une biopsie de peau du patient de son vivant. Son état s'est dégradé malgré l'intubation, et il est décédé. Le virus a été isolé à partir de biopsies encéphaliques, et son séquençage indique qu'il appartient au clade Africa1 et à un cluster « de virus canins circulant dans une zone triangulaire de la bande côtière nord-ouest du Maroc ».
L'enquête auprès de l'entourage a conduit à administrer une prophylaxie post-exposition à 32 personnes. Sur les 15 professionnels de santé ayant été en contact avec le patient, 12 « ont été considérés comme exposés » du fait de « contact avec les liquides biologiques du patient sans application des précautions d'isolement standard » et ont reçu le même traitement. Les auteurs de cette description clinique estiment que « les voyageurs se rendant dans les pays d'Afrique du Nord, y compris ceux qui rendent visite à des amis et à des proches, doivent être informés du risque de contracter la rage en cas de blessure par un chien ou un chat et de la nécessité de recevoir un traitement prophylactique post-exposition adéquat ».
Les cas humains de rage liés à une souche canine (ou féline) sont rares en France : sur les 10 dernières années, le centre national de référence n'en comptait que trois autres (voir l'illustration principale). Celui détecté à Perpignan en septembre dernier est le second de 2025, et actuellement aucune information publiée n'a précisé le parcours du patient et le contexte de sa contamination, ce qui ne permet pas d'affirmer qu'il s'agit d'un cas importé.
La rage est présente dans plus de 150 pays et territoires à travers le monde. Pour l'Afrique du nord, l'OMS ne dispose pas de données pour 2024 pour le Maroc ni la Tunisie ; en Algérie, 11 décès ont été recensés. Sa page web consacrée à cette zoonose précise que « jusqu'à 95 % des décès humains surviennent en Afrique et en Asie, où la rage canine est mal maîtrisée et touche de manière disproportionnée les communautés rurales pauvres, où les programmes de contrôle et l'accès à une prophylaxie post-exposition appropriée sont limités, voire inexistants. En raison de la sous-déclaration, des erreurs de diagnostic et du sous-diagnostic de la rage, les données sur les décès humains, l'accès aux vaccins et la prévalence de la maladie chez les animaux sont limitées ».
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