2 septembre 2026
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Trois chiens sur quatre ! C'est le chiffre surprenant obtenu par des virologistes et cliniciens vétérinaires italiens dans une enquête de séroprévalence d'anticorps dirigés contre les virus grippaux humains chez des chiens de compagnie. C'est une surprise : comme l'expliquent les auteurs « les chiens ne sont pas considérés comme des hôtes fréquents de virus influenza », même si le H3N2 et le H3N8 (ce dernier issu du cheval) sont connus pour provoquer régulièrement des épizooties canines, en Asie et en Amérique du nord pour le premier, aux USA, puis outre-Manche et en Australie pour le second (mais le H3N8 est considéré comme ne circulant plus chez le chien).
Chez l'humain, la grippe saisonnière est associée à un ensemble de virus dont les déterminants antigéniques évoluent en permanence. Il s'agit de virus :
Des descriptions sporadiques d'infections de chiens par ces virus ont été publiées, mais aucune investigation de grande ampleur n'a été réalisée pour l'ensemble du spectre de ces virus influenza. Comme les humains et leurs animaux de compagnie sont possiblement exposés aux virus influenza aviaires, les auteurs ont inclus un H5N1 aux investigations sérologiques. Enfin, pour faire bonne mesure, ils ont ajouté un H7N1 artificiel (réassortant fabriqué dans leur laboratoire).
Ils ont utilisé une banque de sérums issue d'analyses sanguines (préopératoires ou de routine) demandées par des praticiens d'Apulie (sud de l'Italie) pour des chiens a priori en bonne santé apparente en 2023. Au total 256 sérums ont été analysés, par la méthode de référence de la sérologie influenza : l'inhibition de l'hémagglutination (IHA). Cette méthode utilise les virus cultivés (dans le cas présent 8 virus au total : H1N1, H3N2, B Yamagata, B Victoria, H3N2 et H3N8 canins et H5N1 et H7N1 aviaires. Si le sérum comporte des anticorps contre l'un des virus, la réponse sérologique peut être quantifiée.
Pour le virus H1N1, il n'y a pas eu de surprise : 2 chiens seulement étaient séropositifs (soit une séroprévalence apparente de 0,78 %). En revanche, pour H3N2 ils observent 198 positifs, soit 77,34 % de l'effectif, certains avec des titres très élevés (signalant une infection probablement récente). Ces résultats « ont pour la plupart été confirmés par vironeutralisation » et son donc fiables. Un seul sérum a été trouvé positif aux deux virus influenza B (et au H3N2), mais comme le virus Yamagata n'a pas été détecté dans le monde depuis 2020, il s'agit probablement d'une réaction croisée avec celui de la souche Victoria (Austria). Il est donc probable que le chien, comme le phoque, puisse être sporadiquement infecté par un virus influenza B humain. De même, le chien semble peu réceptif au H1N1 humain saisonnier.
Pour le H3N2 humain, la prévalence observée est inédite : les autres études sérologiques réalisées sur des chiens en Europe trouvent des prévalences de 1 à 5 % (l'espèce est plus sensible à ce sous-type qu'aux autres virus grippaux). Toutefois, les auteurs précisent que la saison grippale 2022-2023 était dominée par le virus H3N2. « La forte prévalence du virus H3N2 observée dans notre étude peut être attribuée à sa circulation généralisée chez l'homme. Il est possible, sans toutefois pouvoir le confirmer, que la transmission du virus H3N2 a eu lieu par contact étroit ou par exposition à des aérosols entre des propriétaires infectés et leurs chiens ».
Aucun positif en sérologie n'a été observé pour les virus influenza canins, ni le H5N1. En revanche, trois ont été trouvés positifs pour le virus H7N1 (1,17 %). C'est la première description d'une exposition à un virus H7 chez le chien, mais, soulignent les auteurs, il ne s'agit ni d'un virus aviaire, ni d'un virus hautement pathogène. Il est donc possible que ces chiens aient été infectés par un virus aviaire dont les déterminants antigéniques sont proches de ceux du virus artificiel, mais il faudra le vérifier avec des analyses complémentaires avec une série de sous-types H7… Dans tous les cas, cette étude « souligne l'importance de surveiller la transmission interspécifique entre les humains et les animaux de compagnie », même s'il est probable que l'infection des chiens reste cliniquement discrète, voire inapparente (hors souches épizootiques).
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