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24 février 2026
Prophylaxie antimicrobienne chirurgicale chez le chien et le chat : ce que recommandent les nouvelles lignes directrices européennes


Les nouvelles recommandations fondées sur les preuves, élaborées par le réseau européen d'optimisation d'antibiothérapie vétérinaire (ENOVAT) et publiées fin 2025, apportent un cadre clair et structuré pour l'utilisation raisonnée de la prophylaxie antibiotique en chirurgie des tissus mous et en chirurgie orthopédique des carnivores domestiques.
Ces lignes directrices ont été développées par un panel multidisciplinaire de 21 experts, dont 17 membres votants, représentant la chirurgie des tissus mous, l'orthopédie, la médecine interne, les maladies infectieuses et la microbiologie vétérinaire. D'autres disciplines, comme la pharmacologie vétérinaire, l'épidémiologie et la méthodologie des recommandations en médecine humaine, étaient également représentées. Leurs recommandations reposent sur des revues systématiques, méta-analyses et évaluations de la qualité des preuves, réalisées selon la méthodologie GRADE, tenant compte des biais de publication, tels que l'imprécision, l'incohérence des résultats et les risques de publication sélective. Au total, le panel a formulé 10 recommandations fortes contre, 3 recommandations conditionnelles contre et 5 recommandations conditionnelles en faveur de l'utilisation de la prophylaxie antimicrobienne chirurgicale (surgical antimicrobial prophylaxis, SAP, voir l'illustration principale).
Les recommandations fortes s'appuient généralement sur des preuves de certitude modérée à élevée, mais peuvent aussi être émises lorsque des preuves limitées suggèrent une absence de bénéfice clinique, alors que les effets indésirables de la SAP, comme ses effets secondaires (dysbiose ou encore le risque d'antibiorésistance) sont bien établis. Les recommandations conditionnelles reflètent soit un faible niveau de certitude, soit une variabilité attendue selon les patients, leurs propriétaires ou les contextes régionaux. Elles laissent une marge de décision clinique individualisée.
Pour les chirurgies propres des tissus mous, les recommandations sont particulièrement claires : chez les chiens et les chats subissant une stérilisation, le panel est en défaveur de l'utilisation de la SAP, aussi bien en périopératoire qu'en postopératoire. Pourtant, des enquêtes menées au Royaume-Uni et en Australie montrent que 30 à 40 % de ces interventions donnent encore lieu à une antibiothérapie périopératoire, en contradiction avec les recommandations nationales. Le panel a la même position pour les autres chirurgies propres telles que la splénectomie, l'ablation de masses cutanées, la laparotomie exploratrice ou la gastropexie. Une étude rétrospective récente rapporte un seul cas d'infection de site opératoire (SSI) sur 66 chiens (1,5 %) ayant subi une splénectomie sans SAP. Dans tous ces cas, la SAP postopératoire est également déconseillée, les données humaines et vétérinaires ne montrant aucun bénéfice clinique pertinent.
Pour les chirurgies urologiques propres-contaminées, le panel suggère de ne pas utiliser de SAP périopératoire, sauf en cas d'infection active, qui relève alors d'un traitement antimicrobien curatif. La SAP postopératoire est clairement déconseillée. En chirurgie gastro-intestinale propre-contaminée, une SAP périopératoire est suggérée, à l'exception notable des procédures impliquant uniquement l'estomac (gastrotomie), où le risque infectieux est plus faible en raison d'une charge bactérienne réduite. Là encore, la SAP postopératoire est déconseillée. Les autres chirurgies propres-contaminées (par exemple certaines corrections du syndrome obstructif des voies aériennes des animaux brachycéphales) ne justifient par une SAP, qu'elle soit péri- ou postopératoire.
Dans les chirurgies contaminées, comme une cystotomie chez un animal présentant une infection bactérienne confirmée, une SAP périopératoire est suggérée. En cas de contamination avérée (par exemple fuite ou déversement du contenu gastro-intestinal), une SAP postopératoire de 3 à 5 jours peut être envisagée, avec réévaluation quotidienne et adaptation selon les résultats d'antibiogramme. Cette durée est plus longue que celle généralement recommandée en médecine humaine (48 heures).
En chirurgie orthopédique propre sans implant, le panel est défavorable à une SAP périopératoire, et la déconseille clairement en postopératoire. En revanche, pour les chirurgies avec mise en place d'implant, une SAP périopératoire est suggérée ; mais la SAP postopératoire reste déconseillée. Les rapporteurs citent une étude prospective où le taux de SSI est de 3,1 % après réparation de fractures radiales ou ulnaires par plaque chez 25 chiens et 7 chats, sans SAP. Pour la TPLO (ostéotomie de nivellement du plateau tibial), une SAP périopératoire est aussi suggérée, tandis que la SAP postopératoire ne l'est pas. La SAP doit être arrêtée à la fin de l'intervention, ou dans les 24 heures.
La pression réelle ou perçue de la part des propriétaires est identifiée par les rapporteurs comme un frein potentiel à la limitation de l'usage des antibiotiques. Dans ces cas, les auteurs recommandent d'établir une communication claire et pédagogique, plutôt que réaliser une prescription inutile. À ce titre, les données du Canine Cruciate Registry montrent que près de deux tiers des vétérinaires au Royaume-Uni ne prescrivent plus de SAP postopératoire après chirurgie du ligament croisé, soulignant l'acceptabilité de ces recommandations sur le terrain.
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