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Proplan

20 avril 2026

Infections urinaires canines et félines : révision de la terminologie

par Agnès Faessel

Temps de lecture  2 min

Le consensus a aussi fixé quelques seuils d'interprétation des cytologies urinaires (cliché Pixabay).
Le consensus a aussi fixé quelques seuils d'interprétation des cytologies urinaires (cliché Pixabay).
 

Adopter un langage scientifique commun est un prérequis indispensable pour l'établissement de recommandations cliniques en matière le diagnostic et le traitement des maladies. L'absence de définition des termes employés et la variabilité des critères diagnostiques utilisés dans les études sont des freins majeurs à l'interprétation et la comparaison de leurs résultats, et ainsi au travail d'analyse des données de la science qui en sont le fondement. Plus largement, une terminologie commune est importante pour une communication efficace entre scientifiques, vétérinaires praticiens, et avec les propriétaires.

Ayant identifié une hétérogénéité dans les définitions des infections urinaires canines et félines, qui regroupent finalement diverses affections touchant l'appareil urinaire haut et bas, une équipe de chercheurs (des universités de Guelph au Canada et Copenhague au Danemark, notamment) en a proposé par consensus.

Méthode Delphi

L'étude a été menée dans le cadre de la révision des recommandations de traitement des infections urinaires canines et félines de l'ISCAID (International Society for Companion Animal Infectious Diseases).

Les auteurs publient leurs résultats en libre accès dans le JSAP. Ils ont suivi une version adaptée de la méthode Delphi, un processus formel d'établissement de consensus. Une revue de la littérature a d'abord permis de proposer une liste de termes et leurs définitions. Ensuite, 4 tours de révisions et adaptations ont été effectués, avec les parties prenantes impliquées.

  • Le tour 1 a sollicité les membres du groupe concerné de l'ISCAID (répartis dans 10 pays de 5 continents), expérimentés en infectiologie, urologie, microbiologie et pharmacologie. Les 19 répondants ont exprimé leur approbation (ou non) et leurs commentaires sur les propositions initiales. Celles-ci ont ainsi été validées, ou reformulées. Et des termes jugés inappropriés, inutiles ou redondants… ont été écartés.
  • Le tour 2 a de nouveau impliqué ce même groupe (16 répondants), afin de valider ou réviser encore les nouvelles propositions, en écarter des supplémentaires au besoin.
  • Le tour 3 s'est adressé à un public plus large de 90 vétérinaires praticiens spécialisés (membres des collèges américain et européen d'uronéphrologie vétérinaire, ou de l'ISCAID), issus de 19 pays (dont 2 Français), lesquels ont approuvé et commenté les termes et leurs définitions issus des tours précédents.
  • Une partie des mêmes participants (n=52) ont contribué au tour 4, pour approuver les éventuelles adaptations découlant du tour 3.

29 définitions adoptées

Sur les 39 termes initialement proposés, 29 sont parvenus au bout du processus. En matière de cytologie, des seuils d'interprétation ont également été adoptés.

Le tableau ci-dessous est une proposition de traduction de ces conclusions.

D'après Weese et al., JSAP, 2026.

 

Les auteurs précisent que globalement, les consensus ont été facilement atteints, les opinions divergentes étant le plus souvent mineures, requérant surtout des clarifications.